Low tech écologie pratique

low tech Low tech écologie pratique

photo de Discover Savsat sur unsplash

L’Agence de la transition écologique (Ademe) a mené une étude publiée en mars 2021 pour dresser un état des lieux des démarches low-tech et des perspectives associées. Cette étude vise à proposer une définition complémentaire du concept de low-tech, qui cherche à réduire la taille, l’intensité et la complexité du système technique de l’économie pour qu’elle respecte les limites planétaires. Cet article explore les contours de cette démarche et met en évidence les critères clés qui la caractérisent.

Les critères clés de la démarche low-tech

Le terme low-tech est généralement associé à la diminution de l’empreinte environnementale d’un objet ou d’un service. Le Low Tech Lab, un laboratoire dédié à l’exploration et à la démonstration de solutions low-tech, propose trois critères pour caractériser les produits low-tech : l’accessibilité, la durabilité et l’utilité.

L’accessibilité fait référence à la démocratisation de l’accès aux connaissances techniques, en favorisant la transmission des savoirs et la formation adaptée. La démarche low-tech encourage également l’économie circulaire, le réemploi, la réutilisation et le recyclage, afin de promouvoir la durabilité. Enfin, l’objet ou le service low-tech doit être utile, c’est-à-dire répondre à un besoin réel et éviter toute forme de consommation ostentatoire et superfétatoire.

Le discernement comme remède à l’ambivalence technique

Le discernement est un aspect clé de la démarche low-tech. Il s’agit de faire preuve de sobriété et d’évaluer attentivement l’utilité d’une technologie avant de la développer. Par exemple, un chauffe-eau solaire peut être considéré comme low-tech dans sa conception, mais s’il est utilisé pour chauffer une piscine privée, il perd tout son sens. De même, des outils agricoles low-tech ne sont pertinents que s’ils sont utilisés dans des pratiques agricoles durables et respectueuses de l’environnement.

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La démarche low-tech dépasse donc la simple réduction de l’empreinte environnementale et invite à remettre en question nos besoins et nos pratiques, en prenant en compte différents aspects tels que la psychologie, la sociologie, la santé, l’économie, la culture, l’histoire et la géographie.

Un questionnement central des besoins

La démarche low-tech interroge notre relation à la technique et nous pousse à reconsidérer nos besoins sous différents angles. Il est nécessaire de passer d’une approche centrée sur le PIB et la consommation individuelle à une approche axée sur le bien-être collectif et la satisfaction des besoins essentiels. Cela implique de prendre en compte des variables telles que les inégalités sociales, l’accès à l’emploi, la santé, l’éducation, l’alimentation, l’eau, l’énergie, l’environnement, la mobilité, la culture, etc.

Une telle approche nécessite une gestion planifiée et équitable des limites planétaires par l’État, en privilégiant les régulations structurelles basées sur des règles démocratiquement définies. Les outils de régulation par les quantités, tels que les réglementations et les quotas, doivent être privilégiés par rapport aux régulations conjoncturelles basées sur les prix, qui pénalisent les plus modestes et ne résolvent pas les problèmes de dépendance aux ressources finies.

Une approche systémique intrinsèque

La démarche low-tech nécessite une approche systémique qui tient compte de l’ensemble des variables et des interactions complexes au sein d’un système donné. Par exemple, dans le domaine de la mobilité, il est nécessaire d’analyser l’ensemble du système pour proposer des solutions low-tech efficaces. Malgré l’amélioration de l’efficacité énergétique des voitures, les consommations d’énergie et les émissions ne diminuent pas en raison de l’augmentation du parc automobile et du poids croissant des véhicules. Il est donc nécessaire de repenser le système de mobilité dans son ensemble et de promouvoir des alternatives low-tech telles que le vélo.

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Le déploiement à grande échelle de systèmes low-tech nécessite également de repenser les modèles socio-économiques et organisationnels. Les communs, c’est-à-dire les ressources gérées démocratiquement par une assemblée de citoyens, peuvent jouer un rôle clé dans ce déploiement. Par exemple, l’initiative nationale de l’Ademe appelée l’eXtrême Défi vise à créer des écosystèmes de conception et de production de véhicules low-tech en favorisant la collaboration et en levant les freins liés à la propriété intellectuelle.

Stratégie de relocalisation en Europe

Enfin, la démarche low-tech s’inscrit dans les stratégies nationales de relocalisation des activités productives et d’aménagement du territoire. Elle vise à rééquilibrer les dynamiques entre les métropoles et la ruralité en favorisant le développement de villes petites et moyennes reliées par des systèmes de mobilité adaptés. Cette approche territoriale contribue également à la création d’emplois dignement valorisés et à la préservation des écosystèmes.

La démarche low-tech est une approche holistique qui vise à réduire la taille, l’intensité et la complexité du système technique de l’économie tout en répondant aux besoins essentiels de la société. Elle nécessite une réflexion approfondie sur nos besoins, une gestion planifiée et équitable des ressources, une approche systémique et des modèles socio-économiques adaptés. La démarche low-tech offre ainsi une perspective prometteuse pour construire une société plus sobre, résiliente et respectueuse de l’environnement.